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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 15:17


Sortie : 02/11/2009
Label : iHipHop Distribution

Suivre les chemins tracés par le Wu-Tang c'est s'aventurer dans un univers fascinant où les influences afro, asiatiques, et ghetto se mêlent avec brio depuis 1993 dirons nous, avec la sortie de leur tout premier album : le mythique "Enter The 36th Chambers".
Et les années passant le Wu est devenu une véritable institution dans le monde du hip hop, les membres du groupe n'hésitant pas aller flirter vers d'autres sonorités et à côtoyer des artistes émergents puis à les produire quand le feeling passe véritablement, comme ce fut le cas avec l'une des révélations de ces dernières années pour Cilvaringz.

Pendant ce temps la scène anglaise se développait avec des sonorités bien particulières. On ne compte plus le nombre d'artistes majeurs issus de la scène britannique dans des registres qui allèrent du rap à la drum'n'bass en passant par le garage, le grime et la dubstep. Ah la dubstep justement ! Un genre underground capable de fédérer le milieu electro et hip hop au delà de leurs frontières habituelles. Une musique froide, presque aquatique, dont la particularité majeure tient au fait qu'à ses basses énormes similaires à celles du dub se greffent des rythmes binaires et tribaux syncopés.

Il n'en fallait pas beaucoup plus pour que certains rappeurs US s'intéressent de plus près au phénomène UK, dont Snoop ou encore les Public Enemy. Aujourd'hui c'est au tour du Wu-Tang de proposer 19 collaborations musicales avec les figures de la scène dubstep anglo saxonne. Et mon Dieu que c'est bon ! Exit donc les samples du maître RZA, exit aussi les lignes soul sensuelles ou les beats strictly hip hop : c'est la face sombre du Wu qu'il nous est donné d'apercevoir dans ce deuxième volume du Wu à la rencontre de la culture indie. La philosophie du groupe reste cependant perceptible sur les remix des Matt U, Rogue Star, DZ ou Chimpo : on retrouve de-ci de-là des petites flûtes asiatiques, des ambiances cinématographiques, et surtout les voix des immenses Killah Priest, Method man, Raekwon, GZA, Ghostface Killah...
Mais ce sont bien les grosses productions dubstep qui s'approprient les toasters du Wu ! Il n'y a qu'à écouter des titres comme "Cinema", "Now or Ever", ou "Iconoclasts" pour être totalement convaincu de l'utilité de cette collaboration. L'énergie déferle, le côté obscur de chacun aussi, les basses propulsent les auditeurs vers des contrées lointaines, tout devient pesant et moite, et pourtant, pourtant subsiste une envie de rester éveillé jusqu'à pas d'heure, d'osciller la tête sans voir le temps passer en laissant vagabonder ses pensées.
Dans l'esprit on n'est finalement pas si loin d'une atmosphère à la "Liquid Swords" (GZA, 1995) avec un bémol. En plus de la parano habituelle dans laquelle on se plonge, en plus du côté hypnotique des rythmes et des flows, et bien on se retrouve avec une angoisse supplémentaire, comme si cette fois ci le mal allait vraiment triompher du bien !
Jouissif pour certains, cet aspect pourra cependant rebuter certaines personnes déjà un peu trop triturées du cortex et qui n'ont pas besoin de la musique pour obscurcir encore un peu plus leur horizon. Rassurez vous quand même ! L'album n'est pas si noir que l'on puisse chercher un pistolet en l'écoutant (mais où est donc ce Beretta M9 déjà ?), il est juste sombre à souhait et l'assume complètement.

Plongez vous avec délice dans ce double album : le Wu-Tang invite le monde à se plonger dans la culture dubstep, et il le fait bien. Quand des monstres du hip hop new yorquais rencontrent les non moins monstrueux producteurs anglais ça fait des étincelles, noires certes, mais des étincelles quand même !

Tracklisting :


































Place à la musique avec deux vidéos qui pourraient vous convaincre :


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